Le Trésor d’Oignies, témoin de trois vies hors du commun

Texte et photos : D. Lysse

Le Trésor d’Oignies, classé parmi les « sept merveilles de Belgique », a longtemps été hébergé dans un endroit totalement confidentiel, dans une salle du couvent des Sœurs de Notre-Dame, à Namur. Le lieu, pas très adapté, mais avec le charme intimiste des recoins un peu secrets, avait été surnommée par dérision « le plus petit musée du pays ». Cédé à la Fondation Roi Baudoin en 2010, cet ensemble d’orfèvrerie du XIIIe siècle, comprenant une quarantaine de pièces en lien avec le même artiste, est maintenant exposé dans des conditions optimales, au Musée des Arts anciens du Namurois.

En plus de sa grande qualité artistique, la particularité de cet travail resplendissant d’or et de pierreries est qu’il nous offre la trace tangible et concrète de plusieurs trajectoires totalement exceptionnelles, d’autant plus exceptionnelles que les intéressés ne faisaient pas partie des puissants. Au fil des vitrines et des panneaux ou écrans explicatifs, on est ainsi amené à se pencher sur la vie de trois personnes qui ont su forger leur destinée propre dans une société féodale qui ne faisait pas toujours grand cas de la liberté individuelle.

La première de ces personnalités hors normes est une Nivelloise, une certaine Marie. Elle fait partie de cette bourgeoisie urbaine qui commence à s’émanciper de la tutelle de l’aristocratie militaire. Depuis très jeune, Marie se sent une vocation mystique, mais, au XIIe siècle, une jeune fille ne décide pas de son destin. Elle a toutefois du caractère, elle sait ce qu’elle veut et elle arrive rapidement à convaincre l’époux qu’on lui a donné de vivre chastement et de se dévouer avec elle aux soins aux malades, surtout aux lépreux, sujets d’horreur pour tous, en ces temps où l’on était démuni devant la contagion.

Elle s’impose une vie quotidienne faite de privations extraordinaires en l’honneur du Christ et consacre ses moments libres à la prière et à la contemplation. Sa réputation de simplicité et de sainteté, ainsi que les guérisons miraculeuses qu’on lui attribue peu à peu, lui attirent beaucoup de monde, ce qui finit par créer du désordre. Avec l’accord de son mari, elle se retire alors dans un petit béguinage, à Oignies. Remarquons au passage que le béguinage était l’endroit, dans nos contrées, où la femme vivait alors le plus librement, sans les règles et la hiérarchie stricte du couvent, et aussi loin que possible de la tyrannie masculine.

C’est ici qu’intervient le deuxième personnage de ce trio : un certain Jacques, né à Vitry, étudiant en théologie à Paris  : la crosse de Jacques de Vitry). Attiré par la réputation de la sainte et par le récit de ses miracles, il délaisse les controverses savantes de la capitale française pour s’installer à Oignies et vivre la religion de manière plus intense, moins froidement intellectuelle que dans les écoles. Il reste attaché au lieu aussi longtemps que vit la sainte, qui le convainc toutefois de terminer son cursus et d’être ordonné prêtre pendant cette période. Après le décès de son inspiratrice, il rédige une biographie de Marie.

Mais Jacques de Vitry n’a pas vraiment le tempérament contemplatif de Marie. Au vu de leurs carrières respectives, on peut même supposer qu’elle le fascine plutôt par attraction des contraires. Il est pieux, mais sa religion à lui doit être vécue dans l’action, en pesant concrètement sur le cours du monde. Plutôt que de martyriser son corps pour essayer de venir à bout du diable et du péché originel biblique en lui-même, il préfère combattre le diable à l’extérieur, sous la forme des ennemis de la foi.

On le retrouve d’abord dans le nord de la France, à prêcher la croisade contre les Albigeois, puis il prêche un peu partout la cinquième croisade, vers ce Moyen-Orient où se trouvent les lieux saints chrétiens. Il se révèle excellent prêcheur. Il est passionné, enflammé, et surtout, de façon très novatrice pour le clergé de l’époque, il adapte son niveau de langue à son public, il s’exprime dans un langage imagé, accessible, nourri d’anecdotes et de fables, bien propre à émouvoir des groupes et des grandes assemblées. Sa réputation s’accroît vite et, de promotion en promotion, il est nommé évêque d’Acre, en Palestine, où l’Eglise a besoin de telles personnalités charismatiques, tournées vers l’action, et où sa fougue et ses initiatives perpétuelles risquent moins de créer du désordre.

En Orient, il déploie son énergie habituelle, il circule jusqu’en Egypte pour prêcher dans les enclaves chrétiennes, il chevauche avec les armées. Après une dizaine d’années et la déconfiture de l’expédition militaire, il écrit un livre sur ses expériences et ses voyages, et il obtient de pouvoir revenir en Europe. Après quelques nouveaux épisodes mouvementés, il finira sagement cardinal en Italie. A son décès, à Rome, il demandera à être enterré à Oignies, à côté de Marie, et il lèguera ses effets personnels au prieuré, qu’il n’avait cessé, sa carrière durant, d’approvisionner en moyens financiers, en reliques et en matériaux divers, pour rendre plus illustre le lieu où vécut la mystique nivelloise.

A partir de 1222 et jusqu’après la mort de Jacques de Vitry en 1240, une question se pose au prieuré d’Oignies, qui est un petit patelin en pleine campagne, pas loin de Namur : comment gérer cet afflux de richesses, d’argent, d’or, de reliques, de pierreries et de curiosités exotiques, émaux et verres byzantins, égyptiens ou syriens ? A qui confier la fabrication des châsses, reliquaires et objets liturgiques souhaités par Jacques de Vitry ?  C’est là qu’intervient le troisième personnage, lui aussi sorti à peu près de nulle part : frère Hugo.

Il est de la noblesse, lui : cadet des seigneurs de Walcourt, mais de cette noblesse trop peu importante pour pouvoir offrir titres et apanages à tous ses cadets. Il se retrouve donc religieux à Oignies, dans un prieuré fondé et doté par son frère aîné. C’est quelqu’un de lettré, qui a acquis les connaissances nécessaires pour le poste qu’il va occuper, et il a visiblement suivi une formation complémentaire plutôt pratique, tournée vers l’orfèvrerie et l’enluminure, quelque part dans la région mosane.

Il n’a pas un tempérament mystique comme Marie, il n’imaginerait sans doute pas faire des miracles par des débordements de piété, mais ce n’est pas non plus un homme d’action, un caractère tempétueux et flamboyant, comme Jacques de Vitry, qui se serait morfondu de se retrouver ainsi enfermé dans une étroite carrière ecclésiastique dans un petit établissement rural. Hugo honore le ciel à sa façon, par l’esthétique, en ornant des manuscrits de la Bible et du matériel liturgique.  Une voie qu’avait prônée, un peu plus tôt, en France, Suger, abbé de Saint-Denis, constructeur de la toute première cathédrale gothique, qui devait se défendre d’accusations de distraire le fidèle en frivolités et de dilapider les moyens et les énergies en dépenses de luxe.

Le frère Hugo est conscient de la très grande beauté de ses réalisations, il signe fièrement ses plus belles pièces ou même s’y représente les offrant au Seigneur. Mais il n’est pas snob ni à l’affût de la mode. Il ne se veut ni l’ambassadeur ni le promoteur des dernières nouveautés de l’iconographie et de la technique, comme a pu l’être Suger, toujours à la pointe de l’avant-garde. Son écolage à lui est un peu daté, provincial, archaïsant, encore proche du roman, et son art sera la dernière grande réalisation, dans la région, de l’orfèvrerie venue du temps lointains des tribus germaniques, qui privilégiaient le remplissage, les cabochons brillants, les marqueteries de pierres ou d’émaux de couleur, les monstres bizarres, les entrelacs et les rinceaux.

Pas trop loin d’Oignies, les œuvres de Nicolas de Verdun, visibles dans la cathédrale de Tournai ou dans celle de Cologne, réalisées une génération ou deux avant celle d’Hugo, sont beaucoup plus modernes, avec leurs grands personnages qui tendent à se libérer du fond, posés dans des espaces architecturés où l’ornementation reste subordonnée. Hugo ne les a pas vues, ou alors il a senti que ce n’était pas sa voie, que rien ne servait d’essayer de monter à toute force dans le train en marche. Mais ce n’est pas un conservateur dogmatique pour autant : il ne se montre pas hostile à la nouveauté, il en prend seulement ce qu’il peut assimiler. Au fil des ans, il voit probablement passer des manuscrits, des petites statues et des autels portatifs ornementés dans le goût nouveau et il sait s’adapter, avec son atelier, pour produire des pièces gracieuses, purement gothiques, comme cette merveilleuse colombe destinée à recevoir une relique un peu insolite liée au lait de la Vierge (voir ill. 1).

Ceci dit, l’essentiel de l’art d’Hugo est ailleurs, et il s’y tient. Il est expert pour trouver un équilibre entre la forme générale de sa pièce et la tentation de l’enrichir de façon tape-à-l’oeil en la couvrant de pierreries, d’émaux ou de camées de récupération. Il va exceller dans les dessins sur des plaques d’argent niellées et dans les estampages (ill. 6). Mais

© Musée des Arts anciens du Namurois

surtout, il va porter à un degré extraordinaire la science des filigranes, des ornements en spirales et en vrilles, en motifs filiformes couverts de gouttelettes de métal doré qui les feront resplendir en renvoyant la lumière de tous les côtés. De loin, toute cette dorure s’unifie sans rompre l’agencement de l’ensemble, et il faut approcher pour y retrouver cachés de minuscules scènes de chasse, des plantes et des animaux familiers, des petits personnages.

Ce soin presque maniaque dans les détails et cet équilibre parfait entre la composition générale et les ornements ont engendré une des manifestations les plus raffinées de l’orfèvrerie « barbare » qui était venue de la steppe avec les grandes invasions. Mais c’est aussi son chant du cygne : quand l’atelier d’Oignies s’éteindra avec la disparition des finances de Jacques de Vitry et avec celle d’Hugo, la tradition de l’ornementation pure s’évanouira peu à peu en Occident. Le gothique, même flamboyant, soumettra ses extravagantes volutes à l’architecture, et les figurations humaines ou animales, de plus en plus en plus indépendantes, y demanderont vite des représentations de l’espace moins compactes, moins encombrées, moins saturées de la lumière dorée du Royaume des Cieux, un espace où l’air du monde civil peut circuler.

Sans l’art du frère Hugo, la mémoire de Jacques de Vitry se serait sans doute étiolée, et sans les exploits et l’énergie de Jacques, il n’y aurait pas eu Hugo. Et sans Marie, aucun des deux n’aurait jamais été ce qu’il fut. Mais chacun, à sa manière, dans son domaine, a réalisé son destin avec une forme d’honnêteté inébranlable vis-à-vis de son être profond et avec une incroyable perfection, en un temps et en des lieux qui laissaient pourtant très peu de place à l’aventure individuelle pour ceux qui n’étaient pas issus des milieux les plus aisés.

C’est ce qui rend la collection du musée de Namur unique, touchante, au-delà de sa richesse d’apparence : loin d’être un assemblage anonyme d’objets de luxe venus d’un très lointain passé, elle est un témoignage vivant, personnalisé, de la diversité des destinées possibles. Elle témoigne aussi des liens étroits que des caractères que tout semble opposer peuvent parfois tisser entre eux pour se grandir les uns les autres. Accessoirement, elle souligne la complexité de l’aventure humaine, elle force à méditer sur les relations étranges qui peuvent lier la mystique la plus contemplative, à la limite de l’auto-destruction, l’aventure politico-militaire, à la limite de la destruction du voisin, et les aboutissements purement esthétiques, quand l’un semble mystérieusement engendrer ou faire éclore l’autre.

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Maison du Roi et Musée de l’Erotisme

Texte et photos : D. Lysse

Pour agrémenter une balade au coeur de Bruxelles, entre la Grand-Place et le Sablon, voici deux propositions de visites de musées d’une taille relativement modeste, dans des registres totalement opposés : l’un est plus classique et présente des documents variés relatant l’histoire mouvementée de la capitale, l’autre est plus imprévu et montre une vaste collection centrée sur l’érotisme.

Le premier, appelé familièrement la « Maison de Roi », n’est plus à présenter. Sa pittoresque silhouette néo-gothique, face à l’hôtel de ville, est connue de tous ceux qui ont mis le pied à la Grand-Place (ill. 1). Mais si tous les Bruxellois et beaucoup de Belges en connaissent la façade, peu en poussent la porte : on visite plutôt des musées en voyage ou en excursion, quand on a des loisirs, mais rarement près de chez soi, où d’autres urgences et propositions nous accaparent. L’édifice abrite pourtant un établissement public attachant, le « Musée de la Ville de Bruxelles ».

Pour ceux qui aiment l’architecture, l’occasion leur sera donnée de retrouver ici les originaux de beaucoup de ces éléments de décoration que les touristes prennent volontiers en photo, à la Grand-Place ou ailleurs dans la capitale, mais qui sont le plus souvent des copies du 19e ou du 20e siècle, réalisées pour prendre la place d’œuvres abîmées ou devenues trop fragiles.

C’est dans la Maison du Roi qu’on peut ainsi voir l’authentique Saint-Michel du sommet de l’hôtel de ville, remplacé lors de la restauration récente, ou certains ornements baroques qui ont dû être reconstitués sur les façades des maisons des corporations, ou alors, plus étranges, quelques unes des figures grotesques qui soutiennent la corniche du chœur roman de Notre-Dame de la Chapelle, la plus ancienne église de Bruxelles (ill. 2).

On peut aussi y apprendre la signification de plusieurs des représentations pittoresques qui ornent les socles des statues et les chapiteaux de l’hôtel de ville. De façon assez amusante, ces sculptures ne font référence à aucun programme ambitieux, politique ou éducatif. Elles évoquent plutôt les noms de différents cabarets qui étaient logés dans les caves de l’hôtel de ville ou bien dans les maisons expropriées pour la construction de la tour et de l’aile droite.

Si on voit sur la façade de ce prestigieux bâtiment officiel tant de moines qui boivent et qui ripaillent (ill. 3), c’est parce qu’il y avait là un bistrot portant un nom du genre « la cave des moines ». De même pour le chapiteau avec des Noirs en turban : il surplombait l’emplacement de la « taverne du maure ». Le curieux chapiteau où des gens manipulent des chaises avec des pelles (ill. 4) serait, lui, issu d’un jeu de mots en flamand sur le supplice de l’estrapade, qui se pratiquait, semble-t-il, à peu près en face de cet endroit. On voit que l’art de Brueghel, avec ses proverbes, sa verve populaire et ses jeux de mots soigneusement illustrés, a des racines très profondes.

L’estrapade, soit dit en passant, consistait à jeter du haut d’un mât un condamné, en lui attachant les bras derrière le dos avec une corde reliée au sommet du mât. Cette corde empêchait le malheureux de s’écraser au sol mais lui déboîtait les épaules et lui arrachait à moitié les bras au passage, puis le bonhomme était remonté et jeté à bas autant de fois que le jugement l’avait prescrit. Il y avait des variantes où l’arrachage des épaules s’effectuait à l’aide de machineries : on faisait (et on fixait dans la pierre) des jeux de mots et des blagues à propos de choses bien étranges, au 15e siècle !

Au fil d’autres salles, sont évoquées l’apparition, la floraison puis, souvent, la disparition de divers artisanats et industries de luxe qui ont fait, en leurs temps, la renommée et la richesse de la ville : tapisseries, retables ou porcelaines. On suit également, grâce à des plans, peintures et maquettes, les grands travaux d’urbanisme aux époques des ducs de Bourgogne, de Charles de Lorraine, du voûtement de la Senne ou du creusement de la jonction ferroviaire Nord-Midi. Dans un registre plus tragique, on voit aussi les souvenirs des grandes catastrophes qui ont contribué à modeler le paysage urbain : la destruction de la ville basse, populaire, par Louis XIV, en 1695, ou l’incendie, accidentel, celui-là, du vaste palais des ducs de Bourgogne, dans la ville haute, seigneuriale, en 1731.

La visite constitue une manière agréable de reparcourir en pensée des lieux connus, de les voir changer avec les époques, avec les grands décisions d’urbanisme et les accidents historiques, les guerres ou les incendies. C’est l’occasion de redécouvrir la ville et de la regarder d’un autre œil. Continuer la lecture

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De Bruxelles à Beersel et Hal

Vers un joyau gothique, le long du canal.

1° Bassin de batelage.
© D. Lysse

Pour ceux qui veulent marcher aux environs de la capitale, on peut recommander d’aller de Bruxelles à Hal, le long du canal. Cela représente une quinzaine de kilomètres. Le départ de la promenade se fait au square Vandervelde, un nœud de lignes de bus et de trams, à Anderlecht. Il faut alors longer à distance, pendant quelques centaines de mètres, le vaste bassin de Batelage (ill. 1), en contournant des entrepôts, puis on se retrouve au bord de l’eau jusqu’au bout du trajet. Attention, il faut prendre la rive droite en quittant Bruxelles : le chemin de halage à gauche est actuellement en travaux sur la plus grande partie du trajet.

Le canal vers Lot.
© D. Lysse

Après quelques kilomètres, la voirie est réservée exclusivement aux piétons et aux cyclistes. Très urbain et industriel au début, le paysage se fait plus bucolique à mesure qu’on avance (ill. 2), le parcours étant rythmé par la succession des écluses. Pour les bons marcheurs (munis d’une carte routière), une extension de la promenade est possible à l’écluse de Lot, jusqu’au château de Beersel, situé à deux kilomètres et demi 

Château de Beersel.
© D. Lysse

seulement, du côté gauche. Le bâtiment date du moyen-âge, il est quasiment vide à l’intérieur et vaut surtout pour le coup d’œil, pour sa silhouette pittoresque, en briques rouges (ill. 3), et pour la campagne environnante, particulièrement jolie et sillonnée de chemins balisés.

Arrivée à Hal.
© D. Lysse

En arrivant à Hal, le dernier kilomètre du chemin de halage est le plus beau. Il est resté pavé, bordé de hauts arbres, avec la tour de la collégiale qui se profile au bout de la perspective (ill. 4). Ceux qui sont fatigués de la marche ou pressés de rentrer à Bruxelles trouveront la gare le long du canal. On ne saurait assez recommander aux autres de visiter la Basilique Saint-Martin

Basilique Saint-Martin de Hal.

de Hal, une très ancienne église de pèlerinage, qui reçut au fil des siècles de nombreuses donations, et dont la décoration gothique est l’une des plus riches parmi les églises du Brabant (ill. 5).

La tour de la Basilique de Hal.
© D. Lysse

L’édifice a eu la chance de ne pas avoir subi les saccages d’œuvres d’art qui ont accompagné, au XVIe siècle, la période iconoclaste protestante. On voit encore, sous la tour, à droite en entrant, les boulets de canon envoyés par une petite armée protestante bruxelloise, qui a fini par se décourager devant la résistance locale. Ce retrait fut attribué à l’action protectrice de la vierge miraculeuse, une statue de la vierge allaitante apportée au XIIIe siècle par Elisabeth de Hongrie,

6° la Vierge miraculeuse.
© D. Lysse

belle-mère d’un duc de Brabant de l’époque. La statue, dit la légende, en serait restée noircie par la fumée des canons dont elle interceptait les projectiles (ill. 6).

7° détail à l’extérieur.
© D. Lysse

A l’extérieur comme à l’intérieur de l’église, la décoration est très riche. Dehors, c’est une douce et gracieuse vierge gothique qui accueillait les pèlerins au milieu du portail à droite de la tour. Mais, tout autour de l’édifice, il faut aussi observer ces socles pour statues, qu’on appelle cul-de-lampes. La tradition voulait que l’imagerie intérieure d’une église évoque seulement le sacré, le ciel et les enseignements moraux. Mais à l’extérieur, la décoration était plus libre d’évoquer le monde trivial, ce monde où les fidèles sont tentés ou effrayés par les mille inventions du diable, ce qui permettait aux sculpteurs de laisser voguer beaucoup plus librement leur imagination (ill. 7).

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‘The quaint quarantine’: ‘My God, I see everything is better here than in Europe’

TTO – Vietnam tour was turned upside down because of COVID-19 but in return, many foreign visitors received a surprise: many business owners welcomed and isolated them in luxurious resorts.

© THAI BA DUNG A group of French and Belgian tourists of 18 people today are isolated in a private resort at 252 Cua Dai, Hoi An – Photo: BD

For many days, the 5-star Hoa Co resort is located at 252 Cua Dai Street, Hoi An Ancient Town (Quang Nam).
« Happy isolation »
10am, 18 guests gather in the pool area next to the spacious villas, flowers blooming aisle. One holds a book lying by the pool to relax, another holds the phone to capture the funny « isolation » moment of your friends. Under the pool another group of people dived. At first glance, no one thought that the European visitors were being quarantined because of the COVID-19 epidemic.

© THAI BA DUNG 4-star resort Hoi An Beach at 1 Cua Dai (Hoi An) is one of 3 high-end resorts used as a place to isolate foreign guests because of COVID-19 – Photo: BD

« We went through very different moments. From the excitement of coming to Vietnam to the anxiety of knowing we were flying with people infected with COVID-19. But by this time it was really lucky because at least We are still resting in a luxurious place « – said Jan Bleyenberg – Head of 18 guests from Europe.
According to Jan, his friends are mostly retired. The group schedule a flight together to Hanoi, enter Hue and plan to visit Hoi An, Da Nang, Ho Chi Minh City and then stop the last leg at Phnom Penh (Cambodia) to end the holiday.
But everything suddenly changed when the flight from Europe to Hanoi on 9-3 had COVID-19.

© THAI BA DUNG Incredibly surprised by being isolated in the resort for free, the European group cheered and applauded to thank the owner of the property, Mr. Nguyen Thanh Sang (far right) – Photo: BD

A few days after coming to Vietnam, while in Hue, the delegation was informed by the authorities to be isolated. Everyone was shocked but forced to follow the guide to Hoi An.
« I will honor you and Vietnam on the front page »
Interestingly, the team leader Jan Bleyenberg was a journalist. He has just retired and is currently an advisory member of the Belgian Journalists Association. Witnessing what in Vietnam that he and 17 friends are going through, Mr. Jan hugged Hoa Co resort owner Mr. Nguyen Thanh Sang and shouted: « Great Vietnam! My God, even I see here every things are better than Europe, the weather is nice, the food is good, the quarantine is luxurious, there is a swimming pool, luxurious rooms and we don’t feel any trouble other than being a little inconvenient. go out for a walk.  »
Mr. Jan looked at the owner of Hoa Co resort and promised: « Back to Belgium I will have an article and a photo of you on the front page of the newspaper that I am working with. We will never forget this special trip. » .

© THAI BA DUNG Isolation at the resort for foreigners in Hoi An – Photo: BD

Hoa Co is one of two privately-owned luxury resorts in Hoi An that is welcoming foreign guests influenced by COVID-19 into isolation. Mr. Nguyen Thanh Sang said everything started from 3am on 12-3. A group of British tourists come to Quang Nam to travel and fly on flight VN0054. When leaving Quang Nam, this group of tourists was refused to leave Danang.
« Around 2-3 am, I was sleeping when a leader of Hoi An City called me to offer to open the resort to accept the other 4 British guests because all the other resorts refused » – Mr. Sang said.

© THAI BA DUNG European group with the owner of Hoa Co resort – a place to receive free isolation and take a group photo

Twilight on the morning of 12-3, the bus carrying 4 guests to serve the delegation was to Hoa Co resort. Mr. Sang said from the time of arrival, his staff had helped them settle down, the 3 most spacious and luxurious villas that had been reserved by the guests – reserved for 4 British guests and the group members. glass.

 

© THAI BA DUNG Relaxing, working and chatting place of isolated guests in Hoa Co resort (Hoi An) – Photo: BD

 

But not only this group, two or three days later the Hoi An government asked him to open the room with 18 guests from Belgium, France and three members of the delegation to stay in Hoi An in isolation.
Without hesitation, once again Hoa Co resort opened its door to welcome the poor guests. The days of « stuck » in Hoi An, although not out, but all guests in isolation were dedicated service is no different than in a luxury vacation.

© THAI BA DUNG Luxury isolation area and fun, like a holiday – Photo: BD

« They are so poor. I said nothing but complained and asked nothing. When they left the hotel, they left a letter to express their gratitude. They said they would never forget where they were staying, » Can not forget Hoi An was pregnant and one day they will come back « – Mr. Sang said.
Set aside the best place to « offset » stormy trips for guests
Along with the story of Mr. Nguyen Thanh Sang, dozens of foreign guests « trapped » by COVID-19 are also being welcomed and served at a high-class resort in the coconut forest of Cam Thanh commune (Hoi An).
This is a luxury resort, the average cost per room from 1 to 1.5 million. However, the owner has decided to accept foreign guests to quarantine and care here. From the moment guests arrive, there are always people around, blocking to disinfect and protect people from entering and leaving.

© THAI BA DUNG Coco River Resort Hoi An luxury resort also voluntarily opened to welcome international visitors into isolation – Photo: BD

At the preliminary meeting of the 10-day peak on anti-epidemic, Quang Nam People’s Committee Chairman Le Tri Thanh said – these difficult times need people, businesses and the government to open arms to support tourists. .
« The tourists themselves come to Hoi An to travel, when normally they bring jobs. Now in the epidemic they have suffered a lot of damage, so we have to welcome them to take part of the damage. show your heart « – Mr. Thanh said.

 

THAI BA DUNG

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A la recherche de l’Adjudant Bourgois du 19ème BCP

Un peu partout en Belgique, comme ailleurs, plusieurs cérémonies sont organisées, le 11 novembre, en présence d’autorités civiles et militaires. La majorité des reportages et autres articles de presse vont relater ces événements en ayant une pensée pour les anciens combattants qui ont participé à cette grande boucherie qu’a été la première guerre mondiale.
Pour tous ces jeunes gens cela devait être la « der des der », c’était sans compter sur une bande d’idiots n’ayant pas digéré la victoire des Alliés et le Traité de Versailles. La seconde guerre mondiale couvait déjà…

En parlant de « pensée pour les combattants de 1914 – 1918 », un nom me revient en mémoire, celui de l’Adjudant Bourgeois du 19ème Bataillon de Chasseurs à Pied. Cette unité française est venue, à cette époque, combattre dans notre beau Royaume.
J’ai passé beaucoup de temps avec cet Adjudant, voici pourquoi…

Le carnet de marche du 19ème BCP nous apprend qu’il est arrivé en Belgique par Adinkerke le 22 octobre 1914 :
« – Ypres est abordée en pleine nuit. Les habitants ont fui sous le premier bombardement, la ville est complètement déserte, le quartier de la gare brûle, des lueurs d’incendies inondent le ciel jusqu’aux abords de la cathédrale, au-dessus de nos têtes sifflent, en passant, les obus ».
Ainsi vue, avec ses halles sinistrement éclairées, la célèbre place d’Ypres revêt, dans cette nuit d’horreur, un aspect d’une grandeur tragique et impressionnante, que n’ont jamais pu oublier ceux qui en furent les témoins. Au grand jour seulement le 19ème BCP atteint Kruisstraathoek. Il y prend quelques heures de repos, puis, à midi, se remet en route, par Dickebusch, pour Mille-Kruis, il y passera la nuit du 9 au 10 novembre 1914 ».

Quelques pages plus loin, nous lisons ceci :
«L’offensive ennemie du 10 novembre avait rejeté tous nos éléments de la rive droite, nous recevons mission de nous y rétablir, et, quand nous quitterons Steenstraat, le 29, la tête de pont face à Bixschoot sera reconstituée, avec quatre compagnies sur la rive droite».
A cette époque toute la 42ème D.I. se porte vers Ypres, le 19ème BCP marchant par Elverdinghe, Poperinghe, puis Vlamertinghe. Zillebeke – Dans les premiers jours de décembre, elle est en avant de Zillebeke, entre la route de Menin et celle d’Armentières. Vie de secteur active, pénible, sans repos, avec des tranchées encore rudimentaires, profondes en première ligne, mais sans boyaux, sans abris, et de l’eau partout. Le bataillon est d’abord dans les bois à l’est de Zillebeke (Butte aux Anglais), les opérations s’y multiplient, visant principalement le fortin de la côte 60. Au cours de l’une d’elles, le 17 décembre, l’héroïque adjudant Bourgeois, de la 1ère compagnie, illustre glorieusement la belle devise du bataillon : il emmène sa section à l’assaut au cri de « En avant toujours ». Il tombera aussitôt, mortellement frappé, et il achèvera le « Repos ailleurs ».

A cette époque, les français avaient ouvert un hôpital militaire dans la ferme Quaghebeur, du nom du fermier, à quelques kilomètres de là, à Poperinghe. Connut aujourd’hui sous le nom de Lijssenthoek Military Cemetery.  En effet après la France, cet hôpital fût agrandi par les Anglais. Il y a eu plus de 4000 lits. Un cimetière militaire fût ouvert devant la ferme où furent enterrés 10.784 militaires de 30 nationalités.
C’est à cet endroit que l’Adjudant Bourgeois a été évacué et y est mort quelques jours plus tard. Ensuite…. Son corps a disparu. Impossible de le retrouver.

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L’APOCALYPSE D’ANGERS

(Dominique Lysse)

ill1, l’Apocalypse d’Angers, vue générale

Quand on passe par Angers, il est d’usage d’aller y voir la tapisserie de l’Apocalypse. La visite peut être recommandée sans hésitation, même à ceux qui fréquentent peu les musées. L’œuvre est impressionnante : plus de cent mètres, sur deux registres, où sont illustrés en grand format les bruits et les fureurs qui accompagneront la punition des méchants et la récompense des bons à la fin du monde (ill. 1). Tous les âges, depuis les adultes et les érudits jusqu’aux enfants et aux adolescents, trouvent à regarder dans cette bande dessinée géante, pleine de fléaux, de monstres horrifiants et de tremblements de terre, encadrée d’anges musiciens, de petites fleurs et de petits lapins (ill. 2, 3).

La fascination qu’exerce ce travail gigantesque n’est pas très étonnante : le genre apocalyptique a le vent en poupe, actuellement, dans la littérature, le cinéma, les forums en ligne ou la propagande politique. Réchauffement du climat, surpopulation galopante, pollution des milieux naturels, perte de la biodiversité, migrations humaines désordonnées, bouleversements technologiques aux conséquences incontrôlables, sans parler de moins probables chutes de météores géantes et invasions de martiens, permettent un large éventail de spéculations sur de possibles fin du monde, ou, au moins, du monde tel que nous le connaissons.

ill2, la bête à la tête blessée

ill3, chute de Babylone (détail)

 

 

 

 

 

 

On n’a pas attendu notre époque pour mettre en scène, dans des récits exemplaires, les inquiétudes des peuples. Mais, par contraste avec nos angoisses contemporaines, ce qui frappe dans l’Apocalypse d’Angers, comme d’ailleurs dans les Apocalypses juives et chrétiennes dont elle dérive, c’est leur côté fondamentalement optimiste. Cela peut paraitre bizarre ou paradoxal pour des récits consacrés à la destruction universelle : malgré la succession de cataclysmes qu’elles relatent avec beaucoup de complaisance, les diverses Apocalypses sont pourtant des œuvres qui ont été conçues et réalisées pour remonter le moral des troupes dans des temps d’adversité. Regardons cela de plus près.

Dans les écritures juives

Le modèle de tous ces récits est sans doute le livre de Daniel, un texte rédigé en Palestine à l’époque où des souverains d’origine grecque, successeurs d’Alexandre le Grand, gouvernaient le Proche-Orient. Pour unifier leurs possessions, les nouveaux maitres menaient une politique d’hellénisation des différents peuples sous leur domination.

En répandant la culture grecque, ils donnaient à leurs administrés l’accès à des sciences et des techniques perfectionnées, à une langue de large diffusion ainsi qu’à des possibilités d’enrichissement lié au commerce international à très grande échelle. Cela leur permettait de se rallier assez facilement les élites et les marchands des différents territoires sous leur juridiction. Par contre, ils s’attiraient souvent la haine des clergés locaux, marginalisés et dépossédés de leur influence exclusive sur une société devenue cosmopolite. Il en allait régulièrement de même avec le petit peuple urbain et les habitants des campagnes, qui ne partageaient que de très loin l’éducation et la culture nouvelles, qui bénéficiaient peu des fruits de l’internationalisation, et qui étaient les premiers à souffrir en cas de problèmes économiques ou politiques aux causes parfois lointaines.

À Jérusalem et dans les territoires environnants, vers l’an 167 avant notre ère, un des souverains séleucides, Antiochos IV, dit « Épiphane », dans une volonté de diffuser la culture grecque de façon accélérée, avait fini par imposer la religion syncrétiste internationale comme une obligation légale. Il avait également proscrit le monothéisme juif, à la source d’un large mouvement de résistance : ses fêtes avaient été interdites, ses zélateurs les plus marquants étaient poursuivis, et le temple sur la montagne de Sion avait été réquisitionné pour le culte officiel. Avec un sens de la provocation et une maladresse remarquables, Antiochos avait même prescrit qu’on y fasse des sacrifices et des offrandes de viande de porc, provoquant finalement un soulèvement du peuple. La répression s’était abattue durement sur toute résistance, qu’elle soit plutôt de type religieux ou plutôt politique, ethnique ou nationaliste, ce qui, à l’époque (et encore maintenant…), était difficile à distinguer.

C’est à ce moment que parut un livre attribué à un prophète beaucoup plus ancien, Daniel, qui aurait vécu au temps de l’exil à Babylone, où étaient relatés, sous forme de rêves et de visions, la chute de Babylone, l’arrivée des Mèdes, des Perses puis des Grecs, puis, comme par hasard, l’essor d’un souverain grec particulièrement pernicieux. Ensuite, au moment où les forces étrangères et mauvaises semblaient triompher définitivement, l’auteur plaçait l’intervention divine, l’arrivée d’un « fils d’homme » envoyé par Dieu, qui ruinerait les grands empires, punirait les puissants et rétablirait les justes qui avaient gardé leur foi et leur identité à travers les persécutions.

Dans ce texte allégorique, aucun pouvoir n’était désigné clairement, par son nom ou par un autre signe directement reconnaissable : ils y apparaissaient sous la forme symbolique de statues qui surplombent le monde puis s’effondrent, d’arbres qui deviennent immenses puis finissent abattus, de bêtes monstrueuses, aux têtes multiples garnies de cornes douées d’une vie propre, qui dominent un moment les nations puis qui courent à leur perte. Les détails pratiques concernant cette chute des puissants, qui ne pourrait manquer de survenir, étaient gardés secrets, cachés dans un livre scellé. L’essentiel du message était ailleurs, dans la certitude de la fin prochaine des tribulations. L’actuel triomphe des méchants n’était qu’une part d’un plan divin concernant l’Histoire. Cette révélation (apocalypse signifie révélation en grec) devait permettre aux fidèles de retrouver courage et espoir dans l’adversité.

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RWANDA : une découverte …

Rarement un pays, en voie de développement, après des guerres et surtout un génocide s’en est sorti indemne, avec une évolution époustouflante et un progrès surprenant, ceci dans tous les domaines. L’économie s’est alors relancée de façon spectaculaire.

En matière d’égalité entre les sexes, sujet toujours d’actualité dans le monde en ce 21e siècle, dans les parlements du monde entier où les hommes sont très généralement beaucoup plus présents que les femmes, le Rwanda est le seul pays mondial dans lequel les femmes sont majoritaires avec 49 femmes sur 80 sièges (61,25%), avant Cuba 322f/605s (53,22%) – Bolivie 69f/130s (53,07%) –Mexique 241f/500s (48,20%) et le premier pays occidental, en cinquième position, la Suède avec 165f/349s, 47,27% ! (1) Source UIP : Union InterParlementaire – Etat de la situation au 1er février 2019.

Le tourisme pratiqué dans des aires protégées a constitué l’une des plus importantes sources de revenus pour plusieurs pays en développement. Au Rwanda, les aires protégées constituent la pierre angulaire du secteur touristique. En effet, ne possédant pas suffisamment de monuments historiques pour témoigner de l’existence d’une architecture ancienne, le secteur touristique rwandais repose sur sa nature sauvage assez exceptionnelle qu’abritent les parcs nationaux.

Mais suite à l’histoire tragique de ce pays, il y a des lieux qu’il ne faut pas manquer de voir sous aucun prétexte.

En arrivant à Kigali, il faut rendre hommage aux victimes des massacres du génocide de 1994 par des visites émouvantes et interpellantes :
• « Kigali Genocide Memorial » : mémorial et centre commémoratif du génocide, qui se trouvent à Gisozi, à dix minutes du centre-ville. Le mémorial donne l’ampleur du massacre si violent en si peu de temps. C’est en même temps un cimetière, un musée et un lieu de recueillement et d’histoire. Le reste des dépouilles des victimes qu’on trouve ici ont été apportées de tous les coins de la capitale, après avoir été laissées dans la rue ou jetées dans la rivière. Elles sont enterrées ensemble dans des compartiments.

Camp Kigali

• « Camp Kigali et le mémorial belge » : hommage aux soldats belges. La vieille barrière et le poste de garde sont toujours là, mais l’entrée est condamnée par un portail. L’accès à l’ancien camp militaire se situe désormais à quelques mètres du « Kigali Conference and Exhibition Village« , le prestigieux centre de conférences de la capitale rwandaise. Après avoir franchi le portique de sécurité, la façade du bâtiment, criblée de dizaines d’impacts de balles, témoigne du déchaînement de violence que le camp Kigali a connu. Le 7 avril 1994, dans les premières heures d’un génocide, dix para-commandos belges, membres de la Mission de l’ONU pour l’assistance au Rwanda (Minuar), ont été massacrés ici. Vingt-cinq ans après, des taches de sang recouvrent encore les murs. Le camp est toujours gardé et entretenu par un congolais de 69 ans, employé de la représentation militaire de l’ambassade belge. Il a assisté et survécu aux massacres, il est présent aux différentes cérémonies commémoratives au camp. Normalement, il devrait être pensionné mais sa maigre pension l’oblige à travailler encore, +/- 48h semaine, pour un salaire de 80.000RWF (francs rwandais) soit 80€ par mois. Honte à la Belgique !

• « Campaign Against Genocide Museum », Kigali (Parliament) / Musée de Campagne contre le Génocide : Situé dans l’enceinte du Parlement et à 800 mètres du « Kigali Convention Center« . Après le passage du portique de sécurité de l’entrée principale du Parlement, on est accueilli avec un sourire, une générosité singulière et la fierté d’une jeunesse qui en veut et qui est dévoué à expliquer et à retracer l’histoire et le plan de campagne contre le génocide exécuté par le Front Patriotique Rwandais (FPR). J’ai profité d’une visite avec des explications et des éclaircissements pendant 3h30 puis une discussion enrichissante et enthousiasmante avec une parlementaire.
Le bâtiment du parlement porte encore les stigmates de la guerre, de grands trous d’obus sont visibles depuis le boulevard et sont préservés pour la mémoire.

La capitale comme le reste de pays tient à une sécurité absolue. Tous les lieux, les monuments, les bâtiments, les magasins, … publics et privés sont gardés et un passage par un portique de sécurité, avec vérification des sacs et du corps, est obligé, ce qui donne au début une petite frustration mais on s’y habitue et on y adhérera par la suite.

• Pour comprendre l’histoire de la capitale Kigali, il ne faut pas manquer de visiter le « Kandt House Museum » : Ce musée, anciennement connu sous le nom de National History Museum (NHM), a été rénové et rebaptisé « Kandt House Museum » le 17 décembre 2017. Il est installé dans la belle et auguste demeure de Richard Kandt, médecin et chercheur allemand, qui n’est autre que le ‘fondateur’ de Kigali en 1907. Kigali devient la capitale à l’indépendance, en 1962. Jusqu’alors, la capitale était située à Nyanza, la capitale monarchique (à y découvrir le King’s Palace Museum). Le musée Kandt présente la vie du peuple rwandais sous tous ses aspects (social, économique et politique) avant la période coloniale, il retrace ensuite la vie et l’œuvre de Richard Kandt au Rwanda, le passé colonial sous domination allemande et l’histoire de la capitale.

Moto-Taxi

Si on est seul ou à deux, on peut circuler dans la capitale ou dans les grandes villes en moto-taxi, en toute sécurité, avec casque obligatoire pour le conducteur et le client, une vitesse raisonnable, une reconnaissance légale de chaque motocycliste par mention de son nom et matricule sur sa veste florescence de sécurité. Les prix sont très concurrentiels par rapport aux taxis-voitures, ce prix est à fixer, de préférence, avant l’embarquement pour éviter toute discussion. Le charme et les découvertes seront inattendus.

Comme le pays a une population très jeune, celle-ci est extraordinairement branchée nouvelle technologie, très dynamique, travailleuse et courageuse. Dans tous les bus, le Wi-Fi est à disposition et surtout gratuit ! Une carte SIM rwandaise (2GB pour 2,50€) suffit pour être connecté au monde. Dans tous les lieux : cafés, restos, hôtels … les employés encoderont pour leurs clients naturellement les mots de passe de leur Wi-Fi.

Clean in Rwanda

Une fois par mois, sous peine d’amende, les Rwandais sont priés de travailler gratuitement au service de la communauté pour le jour d’Umuganda, dernier samedi de chaque mois. Ces travaux obligatoires visent à renforcer l’unité nationale où les traumatismes du génocide sont encore très vivaces. Depuis 2007, l’Umuganda, « le jour du nettoyage », est même inscrit dans la Constitution. En quelques décennies le pays est devenu très très propre. Le Rwanda est précurseur dans l’abandon de sacs plastiques, dont l’importation et l’utilisation sont interdits depuis 2004.

Pour bien être dépaysé et découvrir des lieux insolites et une population Rwandaise accueillante et surtout non-accrocheuse, comme dans certains pays touristiques, on ne le dit jamais assez : il faut sortir des sentiers battus.

Kimironko Market

Un marché gigantesque à Kigali se doit d’être mentionné dans ce périple, le « Kimironko Market » : un dédale d’allées, avec des stands de -/+ 1m de large, toutes fournies de marchandises diverses, tissus, chaussures, vaisselles, souvenirs, artisanats … et le côté alimentaire regorge de fruits, légumes, poissons, viandes, un détour à faire ! C’est beau, c’est propre et bien rangé, jusqu’aux piles de pommes de terre ou de concombres ! Comme tout marché, l’art de négociation de prix est de rigueur. La totalité du marché est couverte, pratique sous le soleil ou la pluie.

Le premier et probablement le plus compliqué est l’absence de dessert dans la culture culinaire rwandaise. Pas de spécialités locales sucrées malgré un goût marqué des Rwandais pour les cuillères bien dodues de sucre ou du miel dans le thé ou le café. Il y a bien quelques fruits tropicaux à savourer toute l’année comme la papaye, l’ananas, les « tree tomatoes » (Tamarillo, une espèce de tomates un peu acide appelé aussi ‘tomates espagnoles‘), différents types de fruits de la passion (grenadille, maracuja jaune, sucré ou acide), les bananes, la mangue, « jackfruit » (jaquier ou jacquier). Cependant, même ces derniers sont surtout consommés lors du petit-déjeuner et peu en fin de repas.

Akagera National Parc

Le pays des mille collines est petit et les visites des différents parcs peuvent se réaliser à partir de Kigali, c’est juste une question de bonne gestion et de bonne planification. Une voiture de location 4×4 avec chauffeur-guide est conseillée pour un safari dans le parc national d’Akagera, « Akagera National Parc » (girafes, zèbres, hippopotames, rhinocéros, éléphants, une vingtaine de lions/lionnes, crocodiles …), une visite des plantations de café dans les régions Mabanza, une promenade à Kibuye : visite du « Museum of Environment », promenade en barque/bateau sur le Lac Kivu et découverte de ses îles avec l’insolite ile Munyanini et ses milliers de chauves-souris. Le « Nyungwe National Park » est l’un des parcs les moins fréquentés du Rwanda, qui s’étale sur plus de 1.000m2, et pourtant il vaut le détour, la plus petite randonnée avec guide obligatoire dure de 2 à 3h. Son pont suspendu « Igishigishigi trail » de +/- 80-90 mètres de hauteur, construit par les Canadiens et entretenu par les jeunes ingénieurs Rwandais, se trouve sur le billet de 500RWF. Ce havre abrite environ 275 espèces d’oiseaux, plus d’une centaine d’espèce d’orchidées, treize espèces de primates, des chats dorés, antilopes noires ou encore des sangliers … La plupart des touristes préfère passer le temps dans le « Volcanoes National Park », le parc national des volcans, pour voir les gorilles, à 1.500$ la visite par personne, que dans cette forêt tropicale et humide et qui est la plus grande forêt de montagne d’Afrique !

Traitement du Café
(par voie sèche ou par voie humide)

Igishigishigi trail

Lac Kivu

Museums

Les autres musées nationaux (2) à découvrir : Ethnographic Museum (Huye District), Rwanda Liberation Museum (Gicumbi District), Rwanda Art Museum (Kicurico District).

Choisir un logement de vacances au Rwanda permettra de ménager les finances et c’est, en soi, un avantage très appréciable. Différentes possibilités de réservation d’une location de vacances sont possibles soit dans un appart-hôtel (‘Prima 2000 Apartments‘   à Kigali), c’est s’offrir un petit chez-soi dans un autre pays soit dans un guesthouse soit dans une chambre d’hôtes de charme (3) (>> Kimi House – Central location – Breakfast included à Kigali via Airbnb). Dans ces logements, on peut y vivre sans contrainte horaire, ils sont, en règle générale, plus spacieux, plus conviviaux et moins onéreux que les chambres d’un hôtel. Mais parfois, une ou deux nuits dans un lodge sont nécessaires pour économiser du temps de visite et découvrir d’autres contrées.

Le modèle du pays est exemplaire, c’est un eldorado, avec des progrès écologiques et économiques mais l’avenir du pays est encore incertain, entre la surpopulation, le possible conflit avec ses pays voisins et le risque politique en général.

Mohamed Gargouri

(1) www.ipu.org
(2) www.museum.gov.rw
(3) Chambres d’hôtes de charme à Kigali

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Funérailles d’hiver de Hanokh Levin au Rideau de Bruxelles 08 > 23.01


Hanokh Levin, écrivain israélien hors normes

Voici dix ans, en février 2009, le théâtre du Rideau de Bruxelles (alors installé au Palais des Beaux-Arts) nous faisait découvrir le dramaturge israélien Hanokh Levin. Une révélation ! un théâtre dont nous ne savions rien ; un auteur dont le nom nous était totalement inconnu.

Lorent Wanson mettait en scène Yaacobi et Leidental, comédie féroce associant étroitement texte et musique : trois comédiens qui jouent et chantent, trois musiciens passant d’un instrument à l’autre. Nous nous rappelons combien nous avaient ébahie les trouvailles de Wanson, également créateur de la composition musicale. En préambule, de longs jeux de scène muets relevant de l’absurde ; pour décor, l’emplacement d’un orchestre avec ses gradins, ses pupitres ; mais en un instant ceux-ci se transforment en échiquiers, l’étui de la contrebasse recèle une literie complète, le métronome gigantesque abrite un réfrigérateur… L’univers de Yaacobi s’annonce donc comique mais bientôt se révèlent l’égoïsme, la petitesse, la mesquinerie, la méchanceté des êtres humains, leur besoin d’humilier l’autre.

La saison 2009-2010 du Rideau nous offrit une deuxième pièce de Levin, Une Laborieuse entreprise, mise en scène par Christophe Sermet. Rupture d’une vieille amitié entre Yaacobi et Leidental, rupture de couple entre Yona et Leviva, mariés depuis trente ans. Dans les deux cas, celui qui veut briser une relation jusqu’alors solide (en apparence du moins) invoque des raisons similaires : le désir de se « libérer », de repartir à zéro, de donner un nouveau tour à sa vie. Cependant ni l’un ni l’autre ne se retrouveront en vainqueurs ; le recul va l’emporter ; on reviendra à la case de départ.

Si dans la réalité quotidienne, une amitié niée volontairement, un vieux couple qui se défait suscitent de prime abord l’indignation ou la tristesse, l’humour grinçant de Levin, la verdeur, voire la trivialité de son langage, désamorcent le drame, provoquent le rire. Ce visage double alliant le burlesque au tragique se révèle plus nettement encore dans Funérailles d’hiver où le thème de la mort est permanent.

En 2012, nous avons revu Une laborieuse entreprise que le Rideau avait remise à son pro-gramme et découvert à l’Atelier 210 (chaussée Saint-Pierre, 1040 Bruxelles) une pièce de Le-vin très différente par le ton, Ceux qui marchent dans l’obscurité. La mort de la mère, l’errance dans la nuit, la solitude de chacun, la quête de quelque chose – mais quoi ? –, l’absence de réponse (celle de Dieu est couverte par un tintamarre incroyable or il refuse de répéter), sont au cœur de cette œuvre qu’avait mise en scène Lara Hubinont.

Funérailles d’hiver, une « farce burlesque avec chansons »

De même que Ceux qui marchent dans l’obscurité, la pièce débute par la mort de la mère. Assis aux côtés de la mourante, Bobitshek, un vieux garçon, lui promet de réunir la famille pour son enterrement – qui aura lieu le lendemain. Dès ce premier dialogue où se succèdent redites et phrases répétées avec conviction, la notion de l’absurde s’installe.

La nuit est venue. Bobitshek se rend chez sa cousine Shratzia pour lui annoncer le décès. Mais ni elle, ni son mari, ni ses hôtes ne répondent aux coups frappés à la porte. Ils veulent ignorer ce qui est arrivé. Pourquoi ? parce que le lendemain auront lieu les noces de leur fille Vélvétsia, que quatre cents invités sont attendus et huit cents poulets commandés, qu’il est exclu d’annuler un tel évènement car, comme le répète le père de la jeune fille, quel est le but de la vie ? acheter un appartement et marier sa fille.

Bobitshek insiste, convainc un voisin, professeur, d’assister aux obsèques mais n’arrive pas à se faire écouter par les siens. Une poursuite délirante s’engage. La famille gagne la plage sous un froid glacial, croise deux invraisemblables joggeurs, s’envole jusqu’à l’Himalaya, y rencontre un moine figé sur son tertre depuis quarante ans, rejoint ensuite la terre, persuade Bo-bitshek de renoncer aux funérailles pour participer au mariage dont la fête se déroule enfin, alors qu’entretemps d’autres morts sont survenues. L’Ange de la mort a recueilli de sa main gantée de caoutchouc noir l’âme qu’ont rendue, en un pet démesuré, le père, puis le beau-père de Vélvétsia. Chez Levin, le rire, la trivialité s’avèrent étroitement liés au tragique, à la mort.

« Farce burlesque avec chansons », ainsi Michael Delaunoy, qualifie-t-il ces Funérailles dont il est le remarquable metteur en scène. On rit beaucoup, on admet sans problème des situations tout à fait irréalistes, on jouit sans réserves du jeu, des mouvements et mimiques des comédien(ne)s, de la musique, des chansons, de la chorégraphie. Michael Delaunoy a réuni là une fameuse équipe : pas moins de douze interprètes, de Belgique et de Suisse, plus les huit responsables de la scénographie, de la lumière, du son, des costumes et des masques, du maquillage, de la chorégraphie.Sans détailler les rôles de chacun(e), nous voulons dire combien nous avons aimé retrouver Muriel Legrand, Catherine Salée (mère et belle-mère de la mariée), Philippe Vauchel (joggeur) et découvrir Frank Michaux (l’Ange de la mort), Pierre Aucaigne (le professeur, le moine tibétain), Robert Bouvier (Bobitshek), Lee Maddeford (joggeur, musicien), sans oublier Frank Arnaudon (père de la mariée), Thierry Romanens (père du marié, mère de Bobitshek), Jeanne Dailler (la mariée), Fabian Dorsimont (le marié), Laurence Maître (jeune invitée aux noces). Elles et eux incarnent les personnages, chantent, jouent de l’accordéon, de la guitare, du piano ou du cor à piston. Un spectacle complet ! Du grand théâtre, vraiment ! Et une scénographie – due à Didier Payen – qui n’impose rien mais permet, dans sa simplicité et sa mobilité, de s’adapter aux lieux extrêmement variés où se situe l’action. La salle – comble – n’a pas ménagé les applaudissements à ces Funérailles d’hiver dont les représentations se sont données au Jacques Franck (94, chaussée de Waterloo, 1060 Bruxelles) du 8 au 23 janvier 2019. Nous espérons vivement que le Rideau reprendra le spectacle lors d’une prochaine saison Continuer la lecture

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Au Boson, ‘Sonate d’automne’ d’Ingmar Bergman

Intense et poignant

Il y a cent ans naissait Ingmar Bergman

Ingmar Bergman, cinéaste majeur du XXe siècle, aurait eu cent ans cet été. Le réalisateur suédois est né le 14 juillet 1918 à Uppsala, ville universitaire au nord de Stockholm, et décédé à Fårö le 30 juillet 2007.

Passionné de théâtre et de cinéma dès sa jeunesse, il interrompt ses études de lettres, écrit des pièces qu’il met en scène, reprend la direction du théâtre de Helsingborg, est engagé par la Svensk Filmindustri pour revoir ou écrire des scénarios, réalise son premier film, Crise, en 1946.
Son activité est débordante ; elle le restera pendant plusieurs décennies : direction de théâtres, mises en scène pour le théâtre, pour la radio, et surtout – c’est notre précieux héritage – réalisation de films destinés au grand écran ainsi qu’à la télévision. Parmi les titres les plus fameux, citons Un été avec Monika (1953), Le septième sceau (1957), Les fraises sauvages (1957), Persona (1966), Cris et chuchotements (1972), Scènes de la vie conjugale (1973), La flûte enchantée (1975), Sonate d’automne (1978), Fanny et Alexandre (1982), Après la répétition (1984), Sarabande (2003).

Cannes, Venise, Berlin, les États-Unis lui décernent leurs prix : Lion d’Or, Ours d’Or, à trois reprises l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, une Palme des Palmes à Cannes en 1997.

D’autres réalisateurs font appel à lui comme scénariste : le Danois Bille August (Les meilleures intentions, 1992), la Norvégienne Liv Ullmann (Infidèle, 2000). Celle-ci, actrice remarquable, a tenu le premier rôle dans nombre de films de Bergman, partagé sa vie durant quelques années et eut avec lui une fille, Linn. Elle a réalisé en 2014 Mademoiselle Julie, d’après Strindberg, avec Jessica Chastain, Colin Farrell et Samantha Morton.

Séduit par l’ile de Fårö (mer Baltique) en 1960, Ingmar Bergman y fait bâtir sa maison, y tourne plusieurs films, lui consacre deux documentaires de même titre, Mon île Fårö (1969 et 1979), y vit dans une forte relation avec la nature et les paysages. C’est là qu’il meurt en 2007. Et c’est à Fårö, avec Sven Nykvist, chef opérateur de Bergman, et l’excellent comédien Erland Josephson (Scènes de la vie conjugale, Sarabande…) que le cinéaste russe Andreï Tarkovski tourne son dernier film, Le sacrifice (1986), superbe hommage à son confrère suédois.

Le récit de la vie d’Ingmar Bergman pourrait inspirer plus d’un biographe. Ce n’est pas notre propos mais nous aimons noter que plusieurs de ses enfants se sont eux aussi tournés vers le théâtre et/ou le cinéma ainsi que vers l’écriture. Le rôle d’Eva enfant dans Sonate d’automne est interprété par sa propre fille, Linn Ullmann. Aujourd’hui romancière, elle a été couronnée par de nombreux prix dans son pays, la Norvège. Les traductions françaises de ses œuvres ont paru chez Plon et chez Actes Sud (Collection Lettres scandinaves). Continuer la lecture

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Notes au retour d’Ukraine

D. LYSSE

Voici quelques notes, au retour d’un mois en Ukraine et en Moldavie (2018). Divers thèmes y sont abordés de façon concise : la langue, les communications, la perception de la politique, la guerre et l’émigration, pour terminer avec une section plus longue (et plus souriante) consacrée aux ressources touristiques de la région, qui sont loin d’être négligeables.

1° La langue
La langue ukrainienne est proche du russe, comme l’espagnol peut être proche de l’italien. Et, même si le pays est plus ou moins officiellement en guerre avec la Russie, la première langue internationale utilisée y reste le russe. L’anglais n’est connu que dans les grandes villes, dans les lieux qui espèrent gagner de l’argent avec les (rares) occidentaux de passage. Les voyageurs qui connaissent quelques mots de russe auront donc souvent besoin de s’en servir. Les autres risquent de se sentir très isolés pendant leur voyage, confinés dans les établissements les plus commerciaux, ce qui limite la diversité des contacts. C’est assez dommage dans la mesure où la population est accueillante, facilement encline à aider les voyageurs égarés et à plaisanter.

2° Les communications
Comme dans toute l’ex-URSS, le système de transports public s’est effondré avec la fin du communisme et a été remplacé par des flottes de minibus privés (nommés marchroutkas). Ils partent le plus souvent à horaire fixe, alors que dans les territoires de l’ex-URSS situés plus à l’est, en Arménie ou à l’est de l’Oural, c’est plutôt l’horaire variable qui est la règle : les véhicules ne se mettent en route que lorsqu’ils sont pleins. En contrepartie de ces départs réguliers, les marchroutkas ukrainiens rentabilisent parfois une course à moitié vide en choisissant des itinéraires secondaires plutôt que les grand-routes, pour pouvoir embarquer des passagers supplémentaires sur de courtes distances, ce qui peut allonger considérablement les temps de trajet.

Les villes et villages sont très dispersés, les routes sont peu nombreuses et pas vraiment en bon état, sauf quelques tronçons tout neufs, isolés, mais la circulation, très peu dense hors des villes principales, permet généralement d’éviter les engorgements. Certaines grandes liaisons (Kiev-Odessa, notamment), sont assurées par des compagnies à capitaux turcs affrétant des autocars de grand confort.

3° La perception de la politique
En Ukraine comme en Moldavie, il est prudent de ne jamais parler politique en public. En privé, les commentaires venant de l’homme de la rue à propos de la politique sont parfois extrêmement violents et amers, très vite injurieux : on ne les répètera donc pas ici. Tous les partis et les candidats sont englobés dans la même réprobation, femme ou homme, pro-occidental ou pro-russe, au pouvoir ou dans l’opposition. D’autre part, une certaine paranoïa règne face au(x) pouvoir(s). Une employée du secteur public, qui parlait anglais et me faisait de longues doléances, avait ainsi coupé brusquement la conversation en inspectant vite de l’œil le couloir désert où nous nous trouvions quand j’avais imprudemment employé le mot corruption. Elle m’a dit : « Écoutez, mon travail est stupidement organisé et atrocement mal payé, mais c’est mon seul salaire et je tiens à le garder, donc je ne vous ai jamais vu, nous ne nous sommes jamais parlé ; et maintenant : circulez ! »

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Un trois cents soixante degrés pour revenir à l’essentiel

Voici l’histoire d’un rêve qui après deux années de préparation s’est transformé en un tour du monde en trois cents quarante jours. En mode sac à dos ou backpacker pour utiliser un mot anglophone plus à la mode, ma compagne et moi-même avons traversé douze pays dont, la Russie, la Mongolie, la Thaïlande, la Birmanie, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Nouvelle Zélande, l’Argentine, le Chili, la Bolivie et le Pérou. Tous ces pays regorgent de toutes sortes de merveilles, de paysages à vous couper le souffle, d’histoires lointaines, de terrains d’aventure inoubliables et de rencontres qui vous marquent à vie. Ça, c’est le côté face de notre voyage. Le côté pile, nous l’avons ramené avec nous, à contre cœur, lors de notre retour dans notre chère patrie.

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L’Histoire des Bianchi, une destinée hors norme faite de joies et de drames

La biographie officielle de la famille et
des pilotes Lucien, Mauro et Jules Bianchi
réunis dans un ouvrage exceptionnel de 320 pages, racontée par Chris Van de Wiele et illustré par plus de 500 documents.

Emigré du nord de l’Italie à l’aube des années 50, la famille Bianchi a connu une destinée hors du commun.
Résumer l’Histoire des Bianchi en quelques minutes n’est pas chose aisée tant le récit est abondant, intense et vaste. Il faudrait tout d’abord commencer par le grand-père de Lucien et Mauro,  Luigi : génial inventeur d’un moteur d’avion révolutionnaire qui a certainement donné le goût de la mécanique à son fils Roberto, né en 1909. Nous sommes en Italie, un pays qui souffre la misère et sortira meurtrie des deux guerres mondiales.

Tour de France 1958

Ayant épousé Maria Vercellese (103 cette année 2018 !), Roberto aura quatre enfants. Luciano nait le 10 novembre 1934 et Mauro le 31 juillet 1937. Deux filles viendront au monde 4 et 12 ans plus tard : Laura et Daniella. A une époque où beaucoup d’italiens ne sont toujours pas motorisés, la petite famille Bianchi se déplace en moto Sertum avec side-car que Roberto a appris à démonter puis remonter pour la cacher durant la guerre afin qu’elle ne soit pas réquisitionnée.  La mécanique occupe également la vie professionnelle puisque le jeune papa travaille chez Alfa-Romeo puis, au lendemain du conflit, à la fabrique de motocyclette Breda. C’est aussi les premiers contacts avec la compétition pour les gamins qui assistent aux Circuito del Garda et aux Mille Miglia. La passion grandit… Mais l’Italie désolée laisse peu d’opportunité de développement à la petite famille qui émigre vers la Belgique en janvier 1950 avec l’espoir de décrocher un travail à la SABCA, la société belge d’aéronautique. D’avion il n’en sera pourtant point question. Cependant, la débrouillardise de Roberto ainsi que l’excellente réputation de mécanicien qu’il ne tardera pas à se créer le feront intégrer à l’équipe du champion belge John Claes qui pilote une Talbot Lago T26C.

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Décès du secrétaire de l’AJPBE

L’AJPBE et le monde de la presse périodique ont perdu, ce 20 mars 2018, l’administrateur-secrétaire et confrère Christian Vanderwinnen.

Son décès est survenu suite à un accident cardiaque, l’après-midi du 19 mars au centre-ville de Bruxelles, et ce malgré une intervention rapide des secours et son transfert à l’hôpital.
Devant ce douloureux coup du sort, tous les membres du Conseil d’Administration sont à la fois décontenancés et tristes. Ils présentent à sa famille, ses proches et ses ami(e)s leurs sincères condoléances et partagent leur chagrin en ces moments difficiles.

La cérémonie d’adieu et la crémation auront lieu mardi 27 mars 2018 au Crématorium d’Uccle, avenue du Silence, 1180 Bruxelles. Le rendez-vous est fixé à 13 h 45.
« Requiem in Pace »

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Espagne – Terre de vacances et de découvertes – Jan Petillion

Trois amies d’enfance auxquelles se joignent le moment venu trois maris … Un rendez-vous annuel en Espagne chez l’une d’elles, depuis deux décennies. Des têtes pleines de souvenirs et d’anecdotes, une richesse de plaisirs et de sourires à partager … Des amis qui se retrouvent régulièrement et pour qui le séjour annuel à la Casa Ilona, à Jávea est un moment sacré …, nourrissant à chaque fois la chronique des joyeux vacanciers …
L’auteur tente dans le présent texte de communiquer une part de l’ambiance et l’atmosphère qui règne chaque année pendant quelques semaines à la Casa Ilona de Jávea, lieu où il passe traditionnellement une partie de ses vacances avec son épouse chez leurs amis.

Jan Petillion, né en 1944  a été journaliste de la presse périodique pendant cinquante ans. Il a dirigé des magazines dans le domaine de la formation professionnelle et de l’architecture. Il a écrit des ouvrages sur les mêmes sujets. Il a également été expert pour la Commission Européenne et chargé de cours à l’Université Ouverte de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ces diverses activités l’ont amené aux quatre coins du monde avec en plus l’envie de voyager avec son épouse Nadette en période de repos.

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Brève rencontre avec le peintre ROLAND DELCOL

La Belgique, est un petit pays quant à sa superficie et à son nombre d’habitants, mais un grand pays par sa prolifique présence d’artistes peintres de tous les temps, dont certains ont caractérisé leur époque d’une empreinte indélébile, irremplaçable, et j’oserais dire, indispensable.

Déjà présente au XIe et XIIe siècle , la peinture belge, principalement flamande, prit définitivement son essor et, en faisant un grand saut périlleux dans le temps, nous voici au XXIe siècle où bien sûr tout a changé, mais les peintres belges de qualité sont toujours présents.

Nous consacrons nos lignes aujourdh’hui au peintre belge Roland Delcol.

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